Portraits, reportages, natures mortes, ...
Peu importe le format, peu importe la technique ; vous y retrouverez des fragments de réels, fidèles ou difformes.
En l'absence de toute menace, ici, ce sont les palmiers qui grignotent peu à peu les villas.
Il chercha longtemps. Il tourna autour, dessina le périmètre de la maison.
Il vérifia tout : les mesures, la projection des ombres. L'image lui semblait presque trop parfaite, un peu théâtrale, un décor idyllique de drama version aspartame.
Il fit encore les mesures et dû comprendre que le lieu existait.
Nager, plonger, sortir la tête de l'eau ; une île ou quelque chose de la sorte ; Reprendre son souffle.
Lui aussi cherche la baleine.
Il montre du doigt et son autre main essuie l'eau et la sueur, casquette à la main.
Il montre la pierre centrale, différente, arrivée de nulle part et ornée de draperies liquides. Il montre aussi un décor brutal, des surfaces couvertes de cicatrices angulaires et de failles gorgées d'eau. Il montre une scène dont nous attendions une légende, un glaive mythique plus grand qu'un homme. Une lame plantée scellée dans la pierre pour les siècles à venir. Bien au-delà des vols de long-courriers, des réacteurs nucléaires, des données volatiles codées en binaire. La roche au centre ne semble pas prête de s'éroder.
Ils firent une pause non loin de là, juste au-dessus. Les sacs serrés aux épaules ; les bouteilles d'eau à moitié vides, déjà ; les fragments de nature et de terre infiltrés sous les vêtements. Le cheveux collés au front. La cascade creusait sa propre vallée dans un boucan du diable. Ce dernier détail est hors-champ.
De l'eau vaporisé à l'impact brumisait nos visages.
La pénombre ramenait la température à des niveaux plus acceptables.
Nocturne à plusieurs mètres de profondeur.
Ces visages changés, inconnus ici mais peu importe ; ces gestes plus approximatifs, nous les connaissons : ils s'agglutinent aux terrasses ouvertes par cette chaleur.
Nombreux, en bancs, sous chaque enseigne, baignés de monochrome orange.
Une quantité de lumière impressionnante saisissait les scènes en ombres violentes, en couleurs idéales. Les jardins s'y découpaient, élevés au-dessus du sable.
À midi, la terrasse connaît un phénomène de géométrie convergente. Chaque degré que l'on gagne pèse plus lourd. L'univers se plie. Un champ de vision large, courbe et des lignes de fuite plongeantes. Quelques cumulus échappés des montagnes sur le point de s'écraser contre la frontière invisible du rivage. Des maisons aux terrasses surchauffées, pierres sèches.
Comme certains de nos lecteurs auront remarqué, notre hébergeur, OVH, a subi aujourd'hui un incident coupant purement et simplement le site.
Oui.
Il semblerait toutefois que tout soit revenu à la normale. Ou soit en cours de l'être. Pile pour l'heure de l'apéritif.
Ils se réunirent sans un bruit, fixèrent le ciel, nous sommes dans leur dos mais devinons les questions ; la question.
Et maintenant ?
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