Portraits, reportages, natures mortes, ...
Peu importe le format, peu importe la technique ; vous y retrouverez des fragments de réels, fidèles ou difformes.
Ce sont des temps crépusculaires qui se préparent. Pas seulement le jour qui fuit, mais le soleil lui même : il ne reparaîtra jamais. Un bourdonnement monte du sol, d'entre les pavés ; de l'asphalte et la pierre, le grondonnement d'une foule souterraine et monstrueuse. Les couleurs ? Rien. Seulement du rouge, du sang. La fin du monde pour bientôt.
Voici à quoi ressemblent nos routes lorsqu'on se perd ; aux chemins escarpés, bucoliques mais aléatoires, dans un monde sans GPS.
Nous nous réduisons en purs touristes, incapables du moindre sens de l'orientation. Le soleil, les ombres : nous ne les interprétons pas.
Nous avançons sans savoir, sans vraiment chercher à savoir d'ailleurs ; à croire que nous désirions nous perdre. Chaque panneau semble vierge et, sans doute possible, indique la direction contraire.
Projetée dans les gestes et l'eau : la sensation de calme, le repos. Le temps s'y s'embourbe et le ressac l'éponge. Au loin, des voiliers que le vent ne pousse plus, des planches immobiles. Sans même le vérifier, on imagine la faune marine tout aussi paisible. La tension est derrière nous ; le futur repoussé derrière l'horizon. Il est forcément sombre, mais on ne le voit pas.
Ainsi, en sens contraires, ils remontaient au beau milieu de la foule et des odeurs de chair grillée. Des sonos crachaient des chants de guerre. Des jeunes dansaient. desm ères de famille courraient derrière leur progéniture.. Parfois, un couple au balcon, au-dessus des fumées et des rassemblements, pris dans le crépuscule.
À noter, le letit retard supplémentaire concernant la mise en ligne du postmortem de Cleer. Votre groom y travaille.
Marche donc, Atoum est dans ton dos, marche, avance; ne t'attarde pas ; crépuscule en poupe, les rues qui innervaient jadis la Bastille s'offrent à toi. L'ombre est liquide, la nuit plus fraîche. Les radiations font crépiter les métaux, brûlent, éblouissent les vitres.
L'orage roule sur les derniers remparts et se blesse contre les dents montagneuses, il ignore les blessures. Il sera bientôt sur eux, les voyageurs.
L'air encore chaud dans les hangars, étouffant, le crépuscule par les baies vitrées et déjà les premiers éclairs au loin. Le bruit des moteurs d'A-320, l'attente, bientôt l'urgence. Des silhouettes vues en contrejour dans la modeste salle d'embarquement. Le pas de course.
Après les avoir cru abandonnés au chaos, ils constarèrent de minuscules détails qui remontaient ces croyances à rebours. L'accord complémentaire des matériaux ; les espaces négatifs ménagés. Les lignes épousées formaient à leur rencontre des angles élégants. Des angles droits. Formes venues éclorent sur les axes imaginaires dessinés régulièrement le long des façades. La brique aérée de plâtre, de fenêtres PVC, de verre.
Ce qui terrifie les parents, les enfants s'en amusent : ils jouent dans ces espaces qui se réduisent à vue d'oeil, dans ces replis. Les ballons tapent contre les briques mouvantes ; les jouets sont poussés quelques secondes avant que les replis ne se referment. Ils rient beaucoup ; les parents épongent leurs sueurs.
Un petit groupe de gens s'est formé sur la place, au bout de la rue ; le meilleur endroit pour apprécier le spectacle. On perçoit le grondement des maçonneries, l'emboîtement tellurique digne d'un Tetris à l'échelle de la planète, totalement dépouillé de couleurs.
Et rien ne permet de le comprendre, rien ne semble en mesure de le stopper.
On entend dire : « Vous savez. Certains. Ceux qui ne partaient pas assez vite. Ils finissaient engloutis dans le béton. Des familles entières, oui. »
Méthodiquement, chaque fois que nous détournions les yeux, que personne ne pouvait être là pour témoigner. Méthodiquement : ils découpaient de petites bandes de rêvetements, abîmaient des coins de murs, salissaient avec application des surfaces autrefois claires. Ils usaient la ville selon des géométries simples. Le travail fut long, âpre bien sûr, mais le temps jouait pour eux.
Consultez :
la page suivante (contenu plus récent)...
la page précédente (contenu plus ancien).
Si le tri par catégorie ne vous ressort pas les résultats auxquels vous vous attendiez, vous pouvez aussi trier le Moonmotel par tags. Ces tags ne sont pas assujettis aux catégories et peuvent parfois vous faire ressortir des contenus jusqu'alors borderlines.
... Vous pouvez aussi effectuer une recherche par mot-clés, ci-après.
If the category sorting is still unsatisfying to you, you can also sort the Moonmotel by tags.
... Or doing a search by keywords, right below.
Rechercher / search :