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17/04/2012
par Daylon
Devant eux et bruyante, dansait une représentation fidèle de leurs rapports, de leurs mots ; des oscillations colorées vaguement hypnotiques où les moins de dix ans s’agitaient.
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Soigner autant que possible, au lundi matin, le décollement des réalités.
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Étouffé, le brouhaha poli de la rue. Absorbé dans le bois ciré des garde-fous, celui des marches ou des portes. Dans l’air, un peu de fraîcheur. Du calme.
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Une esthétique impérialiste, administrative. Nous n’y croisons personne mais on nous assure une activité tangible. On nous nommedes structures, des noms. Dans la liste, certaines sociétés se réclament de la Nomenklatura ; d’autres changent de sujet devant l’esplanade : y voient la coquille neutre d’un parc d’exposition. Les ombres respectent croisent à l’équerre les arrêtes simples du bâtiment. Peu d’éléments. Quelques couleurs connotées.
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Deux femmes piégées dans la pénombre clinique d’une rue. De la composition ne restent que des murs jaunes, des fenêtres sans ornement, des stores utilitaires et droits ; l’absence.
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Les vénérables façades, encore rieuses de leurs grandes années aux années folles, encore flamboyantes, réfutaient toute tendance de neutralisation de la ville. Les plantes s’épanouissaient au-delà des grilles.
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Plusieurs couches furent nécessaires : des eaux peu profondes et imaginaires des panneaux dressés, droits, verticaux, peints des formes tout juste négatives des arbres ; ils durent revenir plusieurs jours durant. Les panneaux, bien sûr.
On pensait déjà à gommer les bâtiments. On spéculait sur les matériaux tièdes et bien exposés. On pensait à la colline. À Guell. À Ferdinand de Lesseps et ses grands travaux.
Un contre-maître déployait chaque matin les blueprints, même teinte, sur le sol terrassé et sabloneux des chantiers.
Un matin, on envisagea enfin de passer la seconde couche sur le ciel. Une échelle fut dressée.
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Les poses casual bien rangées sur les cotés de la route au moment où retombe un brouillard bleu de poudre ; l’odeur de poudre encore tiède, presque chaude, les étincelles aux pieds, les flammèches. Des diables redescendent l’avenue le feu levé haut sur les têtes, crépitements, marchent ou dansent à la suite d’armes chaudes récemment travaillées par la combustion des salves. La ville se noie dans la fumée de couleur, respire la guerre et les rires adolescents.
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Les citadins s’y préparent et s’impatientent : de grands media leur promettent la disparition des véhicules et l’assèchement des pipelines. Des voies géantes en trottoirs vertigineux, peints et offerts. La possibilité de choisir toute direction, d’ignorer les feux comme les sens interdits.
Bien sûr, désinvolte, organique, latine et anticartésienne, Barcelona sera la première.
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